Lamyaa Aissi · Casablanca
Éditorial
Séries magazine, campagnes de créateurs et travail de concept. Plusieurs looks et plusieurs personnages dans la même journée.
Un personnage, pas seulement des poses
Une série éditoriale n'est pas un ensemble de bonnes images : c'est un ensemble d'images qui vont ensemble et qui avancent. On demande au mannequin de tenir un personnage sur six looks pour que les pages se lisent comme un récit et non comme six shootings distincts ayant utilisé le même visage.
Cela suppose de savoir quand donner au photographe autre chose et quand lui redonner la même chose sous un autre angle, et de pouvoir changer complètement de registre entre deux setups. Une série qui passe du sévère au tendre en son milieu échoue si le mannequin joue les deux à la même température.
Le mouvement, et ce que l'appareil peut retenir
L'éditorial implique presque toujours du mouvement, et l'essentiel s'en perd. Un mannequin qui bouge en continu donne du flou et cent images où le vêtement est dans une forme que personne ne voulait. Un mannequin qui comprend le cadre traverse des positions et marque un temps en haut de chacune, pour que le vêtement soit arrivé et que l'obturateur ait quelque chose à saisir.
En tissu lourd — c'est-à-dire une grande partie de la mode au Maroc — c'est toute la discipline. Un caftan met un temps de plus que le corps à arriver, et un mannequin qui ne l'attend pas produit des images où le vêtement voyage encore.
Tourner en décor marocain
Beaucoup d'éditorial se tourne ici dans des conditions dures pour tout le monde : la médina à midi, le vent de mer chargé de sel, un patio de riad où la lumière change de nature toutes les quarante minutes à mesure que le soleil traverse l'ouverture, les dunes où l'équipe entière court après l'heure.
Ce sont des shootings dont le planning est dicté par la lumière et non par le confort de qui que ce soit. Ils demandent un mannequin prêt quand la lumière l'est, pas un mannequin qui a besoin de vingt minutes de préavis. Elle a tourné dans chacune de ces conditions et traite l'heure dorée comme une échéance.
Travailler avec l'équipe
Sur une journée éditoriale, la styliste, la maquilleuse et le coiffeur travaillent tous sur la même personne sous la même horloge, et le mannequin est le seul qui ne peut pas s'absenter. Être facile à travailler — immobile, patiente, pas sur son téléphone, jamais à chercher — n'est pas une qualité secondaire sur ce plateau. C'est la différence entre six looks et quatre.
Questions
Combien de looks par jour ?
Six est atteignable quand l'ordre de passage est construit pour que les looks s'enchaînent. Six dans un ordre arbitraire donne quatre, et l'équipe finit tard.
Accepte-t-elle prothèses, body paint ou changement capillaire ?
Prothèses et body paint oui, avec préavis. Tout ce qui modifie ses cheveux au-delà d'un lavage se convient à part, parce que cela engage les bookings suivants.
Travaille-t-elle avec des équipes internationales au Maroc ?
Régulièrement. Elle travaille en français et en anglais autant qu'en arabe et en darija, et elle est bookée en local : aucun voyage international n'est attaché au booking.
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